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Karl Jannuska

biographie

© Michel Binstock

Karl Jannuska, batteur canadien, vit à Paris

Né à Altona (Manitoba) au Canada le 31 décembre 1975, le batteur Karl Jannuska a été élevé à Brandon (Manitoba) où il a commencé la batterie à l’âge de 7 ans. En 1997, il a achevé une licence de musique en Jazz Performance avec High Distinction à l’université McGill de Montréal. Pendant ses quatre années d’études, il a suivi les leçons de Peter Magadini, Chris McCann et André White.

Bénéficiaire de bourses des Conseils des Arts du Canada et du Québec en 1999, Karl a passé neuf mois à New York pour étudier avec le batteur Tom Rainey.

Il est devenu un des batteurs les plus demandés en France depuis son déménagement à Paris en 2001. A l’age de trente ans, il a joué et/ou enregistré avec Lee Konitz, Sheila Jordan, Brad Mehldau, Kenny Wheeler, Mark Turner, Kurt Rosenwinkel, Kevin Hays, Ben Monder, David Binney, Seamus Blake, Michel Donato, François Théberge, Ingrid Jensen, David Linx, Stephane Belmondo, Laurent Coq, Jacky Terrason, Laurent de Wilde, François Moutin, Rick Margitza, Nicolas Folmer, David El Malek, Baptiste Trotignon, Pierre Boussaguet, Niels Lan Doky, Paolo Fresu, Pierre de Bethmann et Sara Lazarus, et Serge Forté, avec lequel il a enregistré en 2003 "Jazz’in Chopin", puis "Believe in Jazz", avec la chanteuse Sheila Jordan et "La Bohème"..

En tant qu’enseignant, Karl donne régulièrement des stages à Marciac et, en 2005, il a fait partie du jury du Conservatoire de Marseille.

Sa discographie comprend plus d’une vingtaine d’enregistrements et son premier album en tant que leader et compositeur, Liberating Vines, sorti en 2004 pour le label Effendi, a reçu un prix Opus en qualité d’Album de l’année – Jazz / Musique du Monde. En 2004, une composition de Karl a été récompensée par le prix CBC Etoiles Galaxie du Festival International de Jazz de Montréal.

discographie

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La bohème - 2007

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Believe in Jazz - 2004

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Jazz’in Chopin - 2003

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Liberating Vines - Effendi

sous son nom


Liberating Vines

Citizen Jazz

Karl Jannuska - Liberating Vines
Karl Jannuska (dm), Kelly Jefferson (ts), Brodie West (as), Fraser Hollins (b), John Sadowy (p,org), Christine Jensen (ss) [ Effendi Records / Abeille Musique ]

Le jeune batteur canadien Karl Jannuska, est en passe de devenir une référence dans le milieu du jazz "francophone". Enumérer les musiciens avec lesquels il a évolué relève déjà du travail d’archiviste, aussi peut-on se contenter de quelques noms représentatifs : Lee Konitz, François Théberge, Serge Forté, Jean-Christophe Beney...
En septembre 2004 paraît « LIBERATING VINES », son premier album personnel, enregistré à Montréal un an auparavant, avec le quartet du même nom.

A travers ces douze compositions originales, on pourrait être tenté de réduire le propos musical à une opposition schématique entre le visage “jazz conventionnel, propre sur lui” et la face “flyée” (barrée, N.d.T.) de Janus. Les mauvais “bons mots” font oublier l’essentiel ; en l’occurence, ici, la musique participe d’un grand tout, d’une oeuvre mature mais non assagie, maîtrisée et sans réels calculs, invitant au voyage sans verser dans le tourisme. Alors certes, “Leaving Yverdon” et “Less”, où le piano de John Sadowy s’invite, sont de calmes et sentimentales ballades, mais à l’écriture raffinée et élégante, loin des clichés du genre.

“Little Player” et surtout “Aka” évoquent les rythmes d’Afrique avec une touche d’Abdullah Ibrahim, et on se délecte de ces arrangements polyphoniques dans la superposition des saxes (Kelly Jefferson, Brodie West, et Christine Jensen en invitée sur le premier morceau cité). On retrouve ce dernier aspect dans “Nickel Days” ou “Grover’s Corners Eternal”, deux morceaux qui ont peut-être évoqué pour certains le nom d’Ornette Coleman, mais - et ceci en toute neutralité - cela grince beaucoup moins que sur “Lonely Woman” ou “Free Jazz”.

Enfin, on peut isoler quelques morceaux absolument fascinants de par le caractère hypnotique des rythmes et des thèmes, quasiment six standards de demain : “Late Morning” et son arpège de piano “absolument moderne” (cousin de EST...), « LIBERATING VINES » et son riff de basse “tubesque”, sur un 7/8 des plus déstabilisants, le solo de batterie planant de “Meshugah”, la fin en spirale de “Edible Sculptures”, “Diamond in the Rough” dont le début évoque “Campanella” de Simon Goubert. “Dvx 80 x” est un morceau à part, un orgue psychédélique lorgne du côté des seventies, alors que Jannuska, horloger céleste, imprime une mécanique implacable mais qui donne l’impression de se décaler dans le temps, tel un mouvement de précession.

Si cette musique semble très écrite, elle offre de nombreux moments propices à l’improvisation et n’exclut donc pas une interprétation “live”, bien au contraire. C’est donc avec impatience que l’on attend le prochain concert du « LIBERATING VINES » quartet, qu’il soit dans sa configuration canadienne ou française (Thomas Savy, Matthias Allamane, Olivier Zanot).

Julien Lefèvre

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