Citizen Jazz
octobre 2002Sheila Jordan : Citizen Jazz
Cette merveilleuse vieille petite fille, avec sa coupe au carré et
sa fleur blanche dans les cheveux, nous raconte que, née en 1928, elle a commencé très tôt à chanter (vers 15 ans) et qu’elle a toujours aimé se produire en duo avec un contrebassiste, depuis la première fois qu’elle en a eu l’occasion, en 1950 avec…
Charles Mingus lui-même (elle renouvellera souvent cette pratique originale, avec Arild Andersen, Harvie Schwartz, avant l’actuelle tournée avec Cameron Brown).
À travers ses chansons, qui sont souvent des standards détournés, elle retrace son histoire et ses rencontres : Lester, Billie, le pianiste aveugle Lennie Tristano qui fut son professeur, Charlie Parker (son « maître »), Miles… tous ceux qui lui ont appris à aimer cette musique magique qui aide à vivre.
C’est d’abord une série de chansons sur la danse, dédiée à Fred Astaire.
Puis une suite très éclectique, liant étroitement un chant cherokee, le Blackbird des Beatles et une improvisation de scat bebop.
Ce sont You Must Believe In Spring And Love, Blue Skies, All Blues, Mood Indigo, Good Morning Heartache, Honeysuckle Rose, Ain’t Misbehavin’ (où elle glisse un malicieux "just me and my DVD"),
I’ve Got Rhythm qui devient "I’ve Got Bebop", puis "He’s Got Rhythm", "He’s Got Bebop", en désignant son compère Cameron, avec qui elle entretient une magnifique complicité (autant avec le bonhomme qu’avec la contrebasse elle-même d’ailleurs, à laquelle elle dédie une chanson très émouvante).
Un grand moment d’histoire, très intime, très touchant, comme on n’en verra peut-être plus beaucoup…
Philippe Fréchet
© Ella Productions, 2005-2006-2007