Jazz Hot

septembre 2005

Like a bird on a wire

Sheila JORDAN / Like a bird on a wire

Sheila Jeanette Dawson est née le 18 novembre 1928 à Detroit, Michigan. Elle passe son enfance en Pennsylvanie dans le rude pays minier. A l’adolescence, elle retourne avec sa mère dans sa ville de naissance.
C’est là qu’elle découvre l’amour musical de sa vie : Charlie Parker.

Obsédée par Bird et les boppers, la jeune Sheila n’a de cesse que de chanter la musique de son héros au sein d’un trio d’adolescents passionnés : " Skeeter, Mitch and Jean " (Jean pour Jeanette...).
Elle s’initie ainsi au scat et écrit des paroles sur les solos de Parker.

Son obstination porte ses fruits : à New York, où elle s’établit en 1951, elle devient une amie et une confidente du Bird et se produit en club de façon semi-professionnelle.
Elle y côtoie la crème du jazz des années cinquante : Charles Mingus, Max Roach et Lennie Tristano, qui devient son professeur, et surtout elle épouse le pianiste de Parker, Duke Jordan, avec lequel elle restera mariée de 1952 à 1962.

Après avoir gravé avec elle une version devenue célèbre de " You Are My Sunshine " sur son album The Outer View, George Russell lui permet d’enregistrer son premier disque en leader en 1962, Portrait of Sheila. Russell finance lui-même la maquette et démarche les labels. Blue Note produira le disque et Quincy Jones, qui travaille alors pour EmArcy, écrira quelque temps plus tard à Sheila qu’il regrette de ne pas l’avoir découverte lui-même...

Pourtant, malgré une activité continue, Sheila Jordan ne vit pas de la musique. Elle occupe un emploi de sténodactylo pendant plus de quarante ans.

Ce n’est qu’à 58 ans qu’elle se consacre entièrement au chant.
Elle a, depuis, entrepris une seconde carrière, tournée en particulier vers l’Europe et l’enseignement. C’est l’aboutissement apaisé d’une vie difficile marquée par la pauvreté, les abus d’alcool et la drogue.
Symbole de la reconnaissance tardive dont elle bénéficie, elle reçoit en janvier 2004 le prix de la Fondation Lil Hardin Armstrong Jazz Heritage, remis par le Comité des Femmes de l’IAJE (International Association for Jazz Education).

Tristanienne " pratiquante ", Sheila Jordan met sa voix douce et haut perchée au service d’un jazz aérien qui privilégie l’introspection. Une approche confirmée par ses collaborations avec Steve Swallow, Carla Bley, Lee Konitz, Bob Moses ou encore Steve Kuhn avec qui elle avait formé un quartet à la fin des années soixante-dix.

En France, on l’entend parfois avec le trio du pianiste Serge Forté qui l’accompagne sur son dernier disque : "Believe in Jazz", enregistré live en Suisse en 2003, à l’occasion de son 75th Birthday Tour.

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